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Quand la restauration commence par nous


"Je forme la lumière et je crée les ténèbres,

je donne la paix et je crée le malheur.

C’est moi, l'Eternel, qui suis l’auteur de tout cela."

Esaie 45.7


Dans un parcours de restauration du mariage et de nos relations, il existe un piège dans lequel nous pouvons facilement tomber : chercher un responsable à nos difficultés.

Lorsque notre couple traverse une crise, lorsque nous avons été blessés, incompris ou déçus, notre premier réflexe peut être de regarder vers l’autre et de dire : « C’est à cause de lui », « C’est à cause d’elle ». Et parfois, nous allons encore plus loin : nous pouvons finir par reprocher à Dieu ce qui nous arrive.

« Seigneur, pourquoi as-tu permis cela ? »« Pourquoi n’as-tu pas empêché cette situation ? »« Pourquoi ne changes-tu pas l’autre ? »« Pourquoi est-ce moi qui dois faire des efforts ? »

Pourtant, la restauration commence souvent lorsque nous acceptons de changer de posture : au lieu de chercher qui est coupable, demandons-nous ce que Dieu veut changer en nous.


Dieu n'est pas notre accusé

La Bible nous rappelle une vérité qui peut être difficile à accepter : Dieu n'est pas placé devant nous comme quelqu'un qui devrait nous rendre des comptes.


Dans Romains 9:20, Paul pose cette question : « O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? » Cette parole remet les choses à leur place. Nous sommes la créature, et Dieu est le Créateur.


Dans Job 40:2, Dieu demande également : « Celui qui dispute contre le Tout-Puissant a-t-il à critiquer ? » Job avait traversé une épreuve qu'il ne comprenait pas. Il avait des questions, de la souffrance et de l'incompréhension. Mais au fil de son histoire, Dieu l'amène à comprendre qu'il ne peut pas se placer au-dessus de Dieu pour lui demander de justifier chacune de ses décisions.


Daniel 4:35 va dans le même sens : « Il fait ce qu’il lui plaît avec l’armée des cieux et avec les habitants de la terre, et il n’y a personne qui puisse lui résister et lui dire : Que fais-tu ? »

Cela ne signifie pas que Dieu est injuste ou qu'il agit arbitrairement. Au contraire, la Bible affirme que « toutes ses voies sont justes » (Deutéronome 32:4). Mais cela signifie que Dieu n'a pas besoin de notre permission pour être Dieu. Nous pouvons lui poser nos questions. Nous pouvons lui exprimer notre douleur. Nous pouvons même venir devant lui avec nos larmes et notre incompréhension. Mais il y a une différence entre présenter notre souffrance à Dieu et accuser Dieu de mal agir.


Et si nous arrêtions de chercher un coupable ?

Dans une relation brisée, il est très facile de se concentrer sur les fautes de l'autre.

« Il aurait dû… »« Elle n'a jamais… »« C'est lui qui a commencé… »« Si seulement l'autre changeait… »

Mais la restauration ne peut pas commencer par la transformation de quelqu'un d'autre. Elle commence par la disposition de mon propre cœur.


Ésaïe 45:9 utilise une image très forte : « L’argile dit-elle à celui qui la façonne : Que fais-tu ? »

L'image nous invite à reconnaître notre position devant Dieu. Nous sommes entre ses mains. Il connaît ce que nous ne voyons pas encore. Il voit nos blessures, mais il voit aussi nos réactions, nos paroles, nos attitudes, notre orgueil, nos refus de pardonner et les mécanismes que nous avons développés pour nous protéger. Parfois, nous demandons à Dieu de restaurer notre mariage alors que Dieu cherche d'abord à restaurer notre cœur. Nous demandons : « Seigneur, change mon conjoint. » Et Dieu nous répond parfois : « Laisse-moi d'abord travailler en toi. »


Accepter d'être corrigé

C'est probablement l'une des étapes les plus difficiles de la restauration : accepter que Dieu puisse nous montrer que nous avons nous aussi une part de responsabilité.

Reconnaître nos fautes ne signifie pas nier les fautes de l'autre.

Reconnaître notre responsabilité ne signifie pas excuser ce qui nous a blessés.

Demander pardon ne signifie pas dire que tout était de notre faute.

Cela signifie simplement que nous sommes prêts à laisser Dieu nous montrer ce qui, en nous, doit changer.

Le livre des Proverbes nous enseigne que la personne sage accepte la correction. Dieu ne nous corrige pas pour nous écraser, mais pour nous transformer.

Dans notre parcours de restauration, nous devons donc apprendre à passer de :

« Seigneur, montre-moi ce que l'autre doit changer »

à :

« Seigneur, montre-moi ce que tu veux changer en moi. »

Cette prière demande beaucoup plus d'humilité.


Dieu ne nous doit rien, mais il nous offre tout

Le Psaume 115:3 dit simplement : « Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut. »

Et Job 41:11 nous rappelle : « Qui m’a donné le premier, pour que j’aie à le payer en retour ? »

Nous ne pouvons donc pas considérer Dieu comme notre débiteur. Nous ne pouvons pas lui dire : « Après tout ce que j'ai fait, tu me dois un mariage heureux », ou « Après toutes mes prières, tu dois maintenant arranger ma situation comme je le souhaite. »

Dieu n'est pas notre débiteur. Nous sommes dépendants de lui.

Et pourtant, cette vérité n'est pas une mauvaise nouvelle. Elle devient au contraire une source de liberté : si Dieu est Dieu, alors nous pouvons lui faire confiance même lorsque nous ne comprenons pas son œuvre.


Romains 11:33-36 nous rappelle combien ses voies dépassent notre compréhension et conclut que tout vient de lui, existe par lui et retourne à lui.

Notre rôle n'est donc pas de prendre la place du juge de Dieu.

Notre rôle est de devenir des hommes et des femmes capables de dire :

« Seigneur, je ne comprends pas tout. Mais je reconnais que tu es Dieu. Montre-moi ce que je dois apprendre. Montre-moi ce que je dois abandonner. Corrige-moi. Transforme-moi. »


La restauration commence avec une nouvelle attitude

Peut-être que nous ne pouvons pas contrôler ce que notre conjoint fera demain.

Nous ne pouvons pas forcer l'autre à changer.

Nous ne pouvons pas réécrire le passé.

Mais nous pouvons choisir notre propre attitude aujourd'hui.

Nous pouvons arrêter de nous justifier.

Nous pouvons reconnaître nos paroles blessantes.

Nous pouvons demander pardon.

Nous pouvons renoncer à l'accusation.

Nous pouvons accepter la correction.

Nous pouvons laisser Dieu travailler dans les zones de notre cœur que nous préférerions parfois ne pas regarder.

Et peut-être que la véritable restauration commence précisément là. Non pas lorsque l'autre change, mais lorsque je cesse d'attendre que l'autre change pour commencer à obéir à Dieu.


Alors notre prière peut devenir :

« Seigneur, je te remets mon mariage, ma relation et tout ce que je ne peux pas contrôler. Je ne veux plus passer mon temps à chercher qui est coupable. Donne-moi l'humilité de reconnaître ma part, le courage de changer ce qui doit changer en moi et la sagesse de te faire confiance pour ce qui ne dépend pas de moi. Apprends-moi à recevoir ta correction plutôt qu'à te reprocher mes circonstances. Transforme mon cœur afin que ma vie et mes relations puissent être restaurées selon ta volonté. Amen. »

 
 
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